Les Recettes d'Hugo

Les Recettes d'Hugo

L'aventure du 4L Trophy pour Thomas et Andreas

 

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Le Raid 4L Trophy est une course automobile solidaire menée exclusivement par des étudiants, de 18 à 28 ans, en Renault 4.

Ce rallye a vu le jour en 1997, grâce à Jean-Jacques Rey, ex-cadre de la grande distribution. C’est à la suite de sa première participation au célèbre Paris-Dakar en 1986 qu'il fonde l'agence Desertours, qui organise des raids motorisés pour le grand public. Seules trois voitures participantes, accompagnées d'un 4x4 pour l'organisation, prennent ainsi le départ de la première édition du 4L Trophy.

 

En 2001, pour la 4e édition, l'École supérieure de commerce de Rennes apporte son aide pour l'organisation, ce qui fera rapidement connaître le 4L Trophy. Cinquante voitures sont parties cette année-là, puis 460 en 2005. La barre des 1 000 voitures a été atteinte en 2008.

 

Le Raid 4L Trophy a lieu chaque année, au mois de février.

Les participants disputent cette course d'orientation sur un parcours d’environ 6000 km, qui traverse la France, l’Espagne et le Maroc. Le départ a lieu à Biarritz, puis les équipages traversent l'Espagne jusqu'à Algésiras et prennent le ferry pour le Maroc, où les épreuves du raid commencent.



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Le parcours composé de plusieurs étapes, dont certaines autour des dunes de Merzouga et dans l'Atlas, s’achève à Marrakech.

Les participants roulent la journée, en se guidant avec un roadbook et une boussole. Ils se rassemblent le soir dans un bivouac prévu par l'organisation.

 

Le 4L Trophy est certes une course, mais c’est avant tout une action solidaire car il permet d'apporter des fournitures scolaires aux enfants du Maroc, en collaboration avec l'association « Enfants du désert » : chaque équipage doit emporter des fournitures scolaires et peut transmettre un chèque au nom de l'association. L'ensemble de la collecte est ensuite distribué sur place aux enfants marocains et les dons faits à l'association « Enfants du désert » permettent la construction d'écoles au Maroc.

Chaque équipage doit également apporter 10 kg de denrées alimentaires, qui sont collectés pour la Croix-Rouge française.

D'autres actions sont organisées autour du Raid 4L Trophy, sur des initiatives individuelles de participants.

Tous les équipages ont recours au sponsoring pour financer l'ensemble ou une partie du coût du raid. Le principe du sponsoring est d'apposer des encarts publicitaires sur la voiture en contrepartie de financements. L'aide peut être monétaire ou en nature (équipement, assurance, pièce détachées,…). Les sponsors sont de tous types : des entreprises, des collectivités, des associations, les écoles des participants, etc.

Enfin, chaque équipage est classé en fonction du nombre de kilomètres réalisés pour passer par chaque point de contrôle du parcours, l'objectif étant d'en parcourir le moins possible.



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Cette année, l’édition 2020 du raid comptait 1033 équipages, donc plus de 2000 étudiants ! Parmi eux, Fabien, le fils d’amis à nous, et son coéquipier, Kilian (équipage 1360) ont vécu une chouette aventure, qu’ils ne sont pas près d’oublier ! Ce rallye leur a permis de belles rencontres et ils en sont sortis avec des souvenirs formidables !


 

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Hugo, son papa et moi, avons suivi leur périple sur leur page Facebook et je me suis intéressée à cette course que je ne connaissais que de nom auparavant. C’est ainsi que j’ai découvert un autre équipage : celui de Thomas et Andréas (n°642), tous les deux âgés de 22 ans, et étudiants en école d’ingénieurs à Polytech Marseille. Thomas est originaire de Moselle, Andréas de Bretagne.



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Le fait qu’ils soient sponsorisés entre autres par l’AFPRAL a attiré mon attention. Après quelques recherches de renseignements sur ce duo, il s’est avéré que Thomas est allergique.

J’ai eu envie de mieux connaître cet équipage, mais aussi de découvrir le 4L Trophy avec leurs yeux et de partager leur ressenti avec vous. C’est ainsi que j’ai pris contact avec eux et que j’ai décidé de les interviewer :

 

 

Moi : Andréas et vous, vous connaissez-vous depuis longtemps ?

 

Thomas : « Nous nous sommes connus tous les deux lors de notre intégration en 3ème année en école d’ingénieurs, à Polytech Marseille. Depuis nous avons participé ensemble aux campagnes BDE (Bureau Des Elèves) de notre école, et avons passé côte à côte plus d’un an de mandat en tant que responsables soirées pour le BDE. Lorsque j’ai découvert le 4L Trophy, il m’a paru évident de le faire avec Andréas ! »



Moi : De quelles allergies souffrez-vous ? Avez-vous besoin d’une trousse de secours avec stylo auto-injecteur d’adrénaline ?

 

Thomas : « Je suis allergique de naissance et je suis donc né avec une liste d’allergies à rallonge : œuf, lait, fruits à coques, arachide, fruits de mer, fruits exotiques, acariens, poils d’animaux. En grandissant, certaines ont disparu grâce à des introductions faites régulièrement en hôpital.
Actuellement je suis encore sévèrement allergique à certains aliments : je réagis à une très petite quantité de fruits à coques, comme les noix, les noisettes, les amandes… Je suis aussi allergique aux acariens, mais rien de bien grave.

Lorsque je me déplace hors de chez moi, j’emporte toujours un sac avec une pochette de « premiers secours pour allergique », contenant mon stylo injecteur d’adrénaline, ainsi qu’une plaquette d’antihistaminiques et de corticoïdes. Chez moi, je possède la même chose, avec une chambre de respiration et de la Ventoline.

Je ne réagis pas aux vapeurs de cuisson, sauf dans certaines situations, de façon inexpliquée, où il m’arrive de faire des réactions placébo, telles que l’apparition de plaques (papules).

 

 

Moi : Avez-vous déjà fait des réactions graves ? Dans quelles circonstances ?

Thomas : « Etant enfant, j’ai assez souvent fait des réactions, comme j’étais allergique à beaucoup de choses. Ma dernière réaction remonte au réveillon de Noël dernier, chez mes grands-parents : dans des petits fours il y avait 1.5% d’amandes… j’ai atterri directement aux urgences ! »

 

 

Moi : Pourquoi avez-vous fait le 4L Trophy ? Comment vous est venue cette idée ?

 

Thomas : « Mon colocataire a participé à l’édition 2019 et j’ai suivi de près sa préparation et son raid. A son retour, lorsqu’il m’a raconté son périple, j’avais absolument envie de participer moi aussi à cette incroyable expérience ! »

 

 

Moi : Vos allergies vous ont-elles influencé dans le choix de votre coéquipier ?

 

Thomas : « Mon choix pour Andréas n’a pas été influencé par mes allergies. En effet, depuis que je suis enfant, ma vie n’est pas dictée par mes allergies. Bien sûr je prends mes précautions lors d’activités extérieures, mais je ne suis jamais privé ou empêché de faire ce que je veux. Pour cela, je remercie mes parents de m’avoir responsabilisé très jeune et de m’avoir ainsi permis de gagner en indépendance ».


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Moi : Andréas sait-il dans quel cas et comment procéder à l’injection d’adrénaline ? »

 

Thomas : « Oui, bien sûr. Je lui ai appris comment utiliser le stylo auto-injecteur, ainsi que les gestes à faire lors d’une crise. Andréas, comme tout mon entourage, sait utiliser ma piqûre car ce n’est pas un sujet tabou pour moi. De plus, dès que je renouvelle, mes trousses de secours, je me retrouve avec des piqûres périmées qui servent de piqûres d’essai à mon entourage ».

 

 

Moi : Cette perspective de réaction éventuelle pendant votre périple vous a-t-elle fait peur à l’un ou à l’autre ?

 

Thomas : « Il faut bien avouer que durant la préparation du raid, cette perspective me stressait pas mal. Mais pour nous y préparer, nous avons acheté une glacière avec une prise pour allume-cigare, pour éviter que les stylos auto-injecteurs d’adrénaline ne prennent le chaud. Nous avons aussi bien noté les numéros d’urgence fournis par l’organisation. Une fois le raid lancé, le stress d’une possible réaction s’est vite envolé ".

 

Moi : Y-a-t-il eu des circonstances où vous vous êtes senti en danger par rapport à vos allergies durant le rallye ? Lesquelles ?

 

Thomas : « Les rares fois où je me suis senti légèrement en danger furent lors des repas dans les restaurants sur les routes où la communication était difficile. Pour me faire comprendre, j’ai dû utiliser Google Image pour leur montrer les ingrédients que je ne voulais pas dans mes plats ».

 

 

Moi : Comment vous-êtes-vous organisé pour les repas pendant ces 10 jours ? Avez-vous emmené des provisions ? Qu’avez-vous consommé le plus ? Avez-vous bénéficié d’une assistance particulière pour vos repas ou votre suivi médical ? 

 

Thomas : « Pour les repas durant le raid, cela s’est fait comme pour les autres participants : conserves, pain, saucisson, pâtes… de quoi tenir 10 jours, ce qui est plus que le temps passé dans le désert, mais nous avions prévu aussi de quoi manger si lors d’un repas préparé au campement ou dans un restaurant il n’y avait rien pour moi. Ce que nous avons le plus consommé ce sont des conserves dont principalement des salades au thon ou piémontaise pour ma part. Pour le suivi médical, j’avais pris contact avec l’équipe de médecins en amont pour qu’ils puissent répondre à certaines de mes questions, et une fois dans le raid nous avions bien noté les numéros d’urgence. De plus, cette année il y avait dans chaque 4L un boitier d’urgence qui pouvait servir lors d’urgences médicales, ce qui était parfait pour moi ! ».

 

 

Moi : Les allergies ont-elles représenté une difficulté supplémentaire pour vous dans cette course ? A quel moment ? Pourquoi ?

 

Thomas : « La seule difficulté supplémentaire a été la préparation pour mes besoins sur place (comme éviter un coup de chaleur à mon stylo auto-injecteur) et le fait de faire attention lors des repas, chose que je fais déjà au quotidien. »

 

 

Moi : Comment avez-vous fait pour transporter vos stylos auto-injecteurs d’adrénaline à la température conseillée ?

 

Thomas : « Pour cela, j’ai remplacé la pochette de ma trousse portable par une trousse avec des pochettes de glace et nous avons installé dans la voiture une glacière électrique pour le désert. Grâce à cette combinaison, si une panne, quelle qu’elle soit empêchait la glacière de fonctionner, les pochettes de glace aurait permis une mise au frais plus longue. »

 

 

Moi : Combien avez-vous parcouru de km ?

 

 

Thomas : « Je ne peux vous le dire précisément car Andréas est rentré chez lui en Bretagne avec les clés du garage de Marseille, mais nous avons parcouru grosso modo 6000 km en 4L ».

 

 

Moi : Combien y avait-il d’équipages en course ?

 

Thomas : « Pour cette édition il y avait 1033 équipages, soit plus de 2000 participants ! »

 

 

Moi : Comment avez-vous choisi le nom de votre équipage ?

 

Thomas : « Le nom de notre équipage « Sharky4Life » correspond à l’association de la mascotte de Polytech Marseille (notre école) qui s’appelle Sharky (et qui est en toute logique un requin) avec le côté humanitaire de ce raid, bien trop souvent ignoré. Il faut savoir que nous avons en effet récolté des dons alimentaires et scolaires : 3 sacs complets d’affaires scolaires et 10 kg de conserves et autres denrées alimentaires.



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Les dons alimentaires ont été récoltés à Biarritz par La Croix Rouge Française  et les dons scolaires transportés en 4L et déposés à Merzouga au Maroc ».


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Moi : Quelle a été votre plus belle rencontre durant cette course ? 

 

Thomas : « Tout au long de la route nous nous sommes extrêmement bien entendus avec l’équipage 808, auquel appartenait un 3ème responsable soirée de notre BDE, et nous avons fait la rencontre de l’équipage 140, avec qui nous avons sympathisé lors du premier campement dans le désert ».

 

 

Moi : Seriez-vous prêts à retenter l’expérience ? Pourquoi ?

 

Thomas : « Si le temps me le permet, je n’hésiterai pas à participer à un autre raid, mais peut-être pas le 4L Trophy. En discutant avec d’autres équipages, j’ai appris l’existence d’un autre rallye, comme l’Europ’Raid qui me permettrait de découvrir d’autres paysages et coutumes.

 

 

Moi : Cette expérience vous a-t-elle donné une plus grande confiance en vous ? A-t-elle changé votre vision de la vie ? A-t-elle renforcé vos liens d’amitié avec votre coéquipier ?

 

Thomas : « A travers cette expérience, nous avons beaucoup appris, tant au niveau relationnel, avec le contact avec les entreprises, qu’au niveau organisation, pour pouvoir être prêts le jour du départ. Nous avons donc tous deux gagné en autonomie et nous nous sommes forcément rapprochés ».

 

 

Moi : Quel souvenir en garderez-vous ?

 

Thomas : « Pour ma part, je vais en garder un excellent souvenir, et le fait d’en discuter souvent avec de futurs équipages ou d’anciens, me permet de graver plus profondément encore ces bons souvenirs ».

 

 

Moi : Comment décririez-vous cette expérience à un nouvel équipage, qui souhaite se lancer dans l’aventure ? Quel conseil lui donneriez-vous ? Et à un jeune, qui hésite à cause de ses allergies ?

 

Thomas : « Cette aventure est l’expérience d’une vie, et il ne faut pas hésiter à se lancer ! Même si la préparation est longue et la recherche de sponsors difficile, elles vous permettront de grandir en tant que personne, en vous responsabilisant. Mon principal conseil est de bien choisir son copilote et de s’y prendre en avance. Nous nous y sommes pris en effet un peu tard, et cela fut un peu compliqué de gérer les cours et la préparation du raid en parallèle.

 

Comme je l’ai déjà expliqué, pour ma part, il n’y a pas de différences entre une personne allergique et une autre. Pour participer à ce raid il faut de l’envie, et si en as assez pour vouloir participer, alors tu en auras assez pour faire attention lors des repas ! ».

 

 

 

 

Pour conclure, nous pouvons dire avec enthousiasme que rien n’est impossible quand on est motivé et organisé !


L’expérience de Thomas et Andréas et leur détermination encouragera certainement les jeunes les plus hésitants à poursuivre leurs projets et rêves !

Les allergies ne doivent pas les empêcher de vivre leur vie, car si elles apportent leur lot de contraintes, elles nous apprennent aussi à nous adapter.
Ce témoignage prouve aussi que l'amitié c'est partager des moments agréables ensemble, mais c'est aussi se soutenir dans les difficultés et accepter les différences de l'autre.

Hugo aura bientôt 15 ans, et le 4L Trophy l’intéresse déjà beaucoup ! A son âge il est déjà très responsable en ce qui concerne les allergies et mon mari et moi espérons lui avoir transmis depuis qu’il est petit les outils nécessaires pour être autonome et surtout heureux, quand il sera plus grand, et donc indépendant. S’il est toujours aussi intéressé par ce raid dans quelques années, nous espérons bien qu’il le fera, et si nous le pouvons, nous serons là pour le soutenir.

Il est évident que plus les allergies sont nombreuses et sévères, plus la question des repas est complexe en cas de voyage, quel qu’il soit…, plus l'organisation est lourde.

Impossible pour Hugo par exemple de manger dans un restaurant, puisqu’il réagit aux traces et aux vapeurs de cuisson et que ses allergies sont nombreuses (laits animaux, arachide, fruits à coques, œuf cru, crustacés, pois et lentilles, moutarde, lupin…).
Cela dit, il est tout de même parti deux fois en classe neige et devait faire un voyage de classe en Normandie cette année, si le Covid19 n’avait pas tout fait tomber à l’eau.
Il est certain que la préparation de ces voyages est assez énorme, mais son sourire lorsqu’il revient et les souvenirs qu’il en garde en valent la peine ! Quand les projets qui ont demandé tant d'efforts se réalisent, on ne pense plus qu'à une chose : les apprécier !!!!






12/05/2020
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