Les Recettes d'Hugo

Les Recettes d'Hugo

Hugo au centre aéré

Hugo a bientôt 7 ans et à part pour aller à la crêche quand il était bébé ou à l'école, je ne l'ai jamais laissé seul dans une autre structure sans être présente.

 

Cet été (2012) nous avons déménagé, et Hugo va donc changer d'école et ne plus voir ses copains habituels. Lorsque la maman de Thibault, son meilleur copain, m'a dit qu'elle l'avait inscrit au centre aéré, j'ai trouvé que c'était une bonne idée...à laquelle je n'avais même pas pensé.

 

Ce serait une opportunité pour Hugo de se "décoller" de moi, de pouvoir faire des activités qu'il ne connaît pas forcément, et de garder un lien avec ses copains de classe ! Oui, mais voilà, tout allait dépendre de mes interlocuteurs, car il me faut bien reconnaître qu'il m'est difficile de faire confiance à des personnes que je ne connais pas lorsqu'il s'agit de prendre en charge ce que j'ai de plus cher : mon fils.

 

Ajoutons à cette appréhension, la lassitude de toujours répéter le même baratin à des personnes parfois peu réceptives ! Etant prête à tout pour Hugo, je me suis toutefois motivée et je suis allée télécharger un dossier d'inscription sur internet.

 

J'ai expliqué à Hugo le concept du centre aéré, en ajoutant qu'il pourrait voir Thibault, et probablement d'autres copains de son école. Nous avons regardé ensemble le planning des activités proposées et il a choisi celles qui lui faisaient envie...sauf lorsqu'elles étaient potentiellement risquées. Nous avons opté pour des demies-journées, les journées comprenant le repas de midi.

 

Je me suis ensuite décidée à rencontrer le responsable. Je me demandais en chemin sur quel genre de personnage j'allais tomber...en me disant que si je ne le sentais pas, je serai obligée de mentir à Hugo en lui disant qu'il n'y avait plus de place...

 

Au fil du temps j'ai pu déterminer plusieurs profils d'interlocuteurs, ce dont je m'amuse parfois, mais ce qui me mine la plupart du temps :

 

- Les "Monsieur ou Madame je sais tout", qui, sous prétexte qu'ils travaillent avec des enfants depuis des années, n'écoutent pas ce qu'on a à leur dire, parcequ'ils sont persuadés de mieux connaître que nous les besoins de notre progéniture.

 

- Les laxistes et/ou sceptiques, qui prennent tout à la légère et croient qu'on exagère lorsque on explique quelles sont les allergies et leurs conséquences parfois dramatiques. Ce qui n'est pas rassurant car on sait qu'en cas d'urgence ils ne seront pas réactifs.

 

- Les juges, qui ne connaissent rien à notre problème, mais qui nous cataloguent d'office comme des parents hyper stressés, voire paranoïaques...mais en tous cas pénibles. Ils sont persuadés qu'on étouffe nos enfants, qu'ils croient parfois d'ailleurs à tort renfermés, isolés ou tristes...

 

- Les peureux (ou égocentriques ?!), qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités et remettent même en cause leur obligation à administrer l'Anapen en cas de choc anaphylactique, sous prétexte qu'ils ne veulent pas d'ennuis ensuite. Et la non-assistance à personne en danger qu'en font-ils ?

 

- Les insensibles, qui, sous prétexte que votre enfant est différent, ne l'intègrent pas au groupe, mais au contraire l'isolent (une maîtresse mettait Hugo dans un coin de la classe tout seul pour faire la pâte à modeler, pendant que les autres cuisinaient par exemple). C'est fort pratique : On fait comme si l'enfant allergique n'était pas là ! Pas de soucis, pas d'efforts à fournir !
Quand cet isolement se cumule à de la stigmatisation (remarques blessantes devant les autres), comme ça a été le cas avec cette fameuse maîtresse en grande section de maternelle, cela laisse des blessures, longues à cicatriser.

 


Parfois on a affaire un mélange de tous ces profils à la fois !

Je parle ici de profils négatifs, car ce sont ceux qui me donnent du fil à retordre. Je les caricature, c'est ma façon d'évacuer le sentiment que je tiens à leur égard. Heureusement, tous nos interlocuteurs ne correspondent pas à ces profils peu flatteurs et je ne me permettrai pas de les classer dans des cases.

 

 

Pendant le trajet jusqu'au bureau d'inscription, je me suis répété sans cesse tous les points que je devais aborder et les questions que je devais poser... j'étais gonflée à bloc !

 

J'ai rencontré un Monsieur, Jérôme, Directeur du centre aéré, qui, en quelques minutes a fait retomber la pression. Il m'a écoutée, s'est montré ouvert à la discussion, m'a posé des questions d'ordre pratique et m'a indiqué la marche à suivre.

 

Rapidement il a parlé des goûters et je n'ai pas eu besoin de me perdre dans de longues explications pour qu'il comprenne.

 

Tout s'est passé de façon simple et rapide. Je n'ai pas senti le jugement que je sens trop souvent. Je suis repartie l'esprit léger et surtout j'étais heureuse : Hugo allait pouvoir faire une activité sans moi, comme tous les autres enfants, en étant encadré par des personnes responsables et bienveillantes.

 

Esprit léger ou pas lors de l'inscription, j'étais très stressée lorsque j'ai laissé mon petit bonhomme au centre aéré le premier matin. Certes le responsable est digne de confiance, mais la plupart des animateurs sont très jeunes (et donc pour certains immatures, insouciants, inexpérimentés).

 

En arrivant j'ai montré à Jérôme comment faire l'injection d'adrénaline et j'ai passé en revue le contenu du sac d'Hugo : Ventoline, comprimés de cortisone...et la fiche avec toutes nos coordonnées. En partant je me suis demandé s'il allait bien transmettre le message à tout le monde et je suis restée dans une zone proche du centre tout le matin avec mon portable à la main...qui, heureusement, n'a pas sonné.

 

A midi, je me suis précipitée pour aller chercher Hugo et là je suis tombée sur une personne formidable : KarineLorsque je suis arrivée elle m'a dit qu'elle n'avait pas laissé faire du trempoline à Hugo, car il toussait déjà et qu'elle avait peur, comme il faisait déjà très chaud qu'il fasse une crise d'asthme en se secouant dans tous les sens. J'étais ravie, car j'ai vu que le message était bien passé et qu'en plus, Karine avait pensé à certaines choses sans qu'on lui en parle. Hugo est très sensible aux changements de température, aux courants d'air, etc...et tout cela est parfois difficile à expliquer, car il faut s'adapter selon les situations et ce n'est pas facile quand on ne connaît pas l'enfant concerné.

 

C'est la première fois que j'ai la chance de rencontrer quelqu'un d'assez sensible et ouvert d'esprit qui comprend sans qu'on lui explique !

 

Hugo est chouchouté au centre : l'Anapen est bien stocké au frais, dans un endroit accessible par tous. Chacun est attentif à ses besoins sans le laisser de côté ou le stigmatiser (Jérôme a donc bien transmis le message). Le sourire radieux d'Hugo, quand il sort du centre reste la meilleure preuve que cette activité était vraiment une bonne idée ! Merci à la maman de Thibault de me l'avoir suggéré.



07/08/2012
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